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Je
me propose de "laisser parler les plantes" dans des assemblages
de différents papiers. Mon travail débute avec la collecte
de végétaux (en des saisons et des lieux précis)
puis vient la métamorphose des plantes en pulpe et enfin la fabrication
des feuilles de papier selon des techniques orientales ou occidentales.
Ainsi s'établit une étroite relation avec les forces parcourant
un monde végétal pourvoyeur de fibres et de signes, de matières
et d'écritures. Rien d'étonnant à ce qu'une telle
expérience engendre des oeuvres semblant naître aux confins
de notre culture occidentale.
lire la suite > Elisabeth Beurret février 2007 |
| Sur
l’île, la maison est séparée de la plage par
une zone lagunaire aujourd’hui délaissée. Les flux
et les reflux de l’eau génèrent en ce lieu des dépôts,
des accumulations et des rassemblements de matières, car l’eau
en se retirant abandonne ce qu’elle a transporté ou emporte
ce qu’elle a déposé. Par temps chaud, il reste parfois
sur le sol des résidus secs aux allures de papier. Atteindre
la mer, c’est traverser d’abord cette zone, abandonnée
aux silences de l’eau. (...) Au bord d’un chenal du marais,
elle ramasse les feuilles séchées du grand chardon qui
s’accumulent au sol avant de se décomposer ...lire
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À
chaque tradition culturelle appartient un langage de la couleur, des signes,
de la matière... Au-delà n'y aurait-il pas un échange
possible entre ces langages apparemment si différents ? Cette question amena Elisabeth Beurret à tenter de retrouver, d'une part à travers des gestes ancestraux, tels ceux propres à la fabrication de papier, et d'autre part lors de voyages livresques ou réels, sources d'idées de couleurs et de formes pour son travail pictural, cette civilisation commune à toute culture... Pour la fabrication de son papier, il fallait certes partir d'éléments naturels, mais les transformer. Les faire devenir support-matière, rugueux, râpeux, fin ou subtil, transparent ou opaque ; support-couleur coloré dans la masse, magnifié dans la surface ; matière picturale, déchirée, juxtaposée, superposée, cousue, en tant que signes volontaires rythmant, tels une écriture, les vibrations de la matière. Les métamorphoser en couleur-matière, réceptacle de ses impressions de voyages réels ou imaginaires. Dans quel but ? Dire, se dire, dialogue à deux voix, de soi à l'autre, de l'autre à soi. Vérèna Quadranti Art du papier, Matière-couleur, 1999 |